Liberté de la presse : L’inquiétante érosion de la situation au Gabon

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L’inquiétante érosion de la liberté de la presse au Gabon. © D.R.
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Victime d’une dégradation inquiétante, la liberté de la presse est ciselée par des mesures d’encadrement autoritaires. Le Gabon perd sept places au classement RSF et se positionne à la 115e place mondiale sur 180 pays, avec un score de +3,23 / 10.

Reporters sans frontières (RSF) vient de rendre public son traditionnel classement annuel sur la liberté de la presse dans le monde. Dans son édition 2019, le Gabon se classe à la 115e place sur 180e pays et perd sept places par rapport à 2018, où il occupait la 108e position. L’organisation y voit la conséquence de la multiplication des sanctions touchant aussi bien la presse nationale que la presse internationale.

Condamnant l’«érosion de la liberté de la presse», RSF s’inquiète, entre autres, de la réduction de subvention, l’absence de ressources et des moyens pour les médias, l’absence de la culture d’une presse indépendante sous le régime d’Ali Bongo. «La majorité des publications est partisane et l’autocensure est largement pratiquée. En 2018, les reportages et enquêtes critiquant le président ou son entourage ont conduit à une inquiétante multiplication des sanctions touchant aussi bien la presse nationale qu’un média étranger. Les ingérences de l’exécutif dans la ligne éditoriale des médias audiovisuels publics ont été à l’origine d’une grève inédite».

Selon RSF, le Code de la communication de 2016 dépénalise certes les délits de presse, mais il renforce des mesures d’encadrement autoritaires concernant non seulement la presse, mais aussi toute la production audiovisuelle, écrite, numérique et cinématographique.

Si RSF admet dans son rapport que l’Afrique enregistre la plus faible dégradation régionale de l’édition 2019 du classement, mais aussi certaines des plus fortes évolutions de l’année écoulée, le continent demeure tout de même l’espace géographique affichant le plus de contraste. Ainsi, les pays de la sous-région Afrique centrale figurent parmi ceux où il est le plus difficile et le plus dangereux pour les journalistes d’exercer leur profession. Dans cette sous-région, le Gabon arrive en tête suivi du Congo-Brazzaville (118e), le Tchad (122e), le Cameroun (131e), la République centrafricaine (145e), la RDC (154e) et la Guinée équatoriale (165e). La République démocratique du Congo (RDC), qui se maintient à la 154e place, est le pays d’Afrique où RSF a enregistré le plus d’exactions en 2018.

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